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    Chloé Labelle s’engage pour ses pairs de l’industrie des effets visuels et de l’animation Chloé Labelle. Photo: Courtoisie

    Chloé Labelle s’engage pour ses pairs de l’industrie des effets visuels et de l’animation

    10 novembre 2025, 04h00
         |      Article rédigé par Félix Poncelet-Marsan     

    Grande passionnée de cinéma, Chloé Labelle s’est bâti un intérêt pour la création d’effets visuels en visionnant des courts métrages documentaires réalisés dans les coulisses de productions hollywoodiennes. Réalisant plus tard que le Québec était un des pionniers de cette discipline, elle a quitté sa ville natale de Rouyn-Noranda pour s’installer à Montréal, plaque tournante de l’industrie des VFX et de l’animation. Malheureusement, celle qui s’est spécialisée en surfaçage et en développement visuel n’a pu que constater la dégringolade de son secteur d’activité, miné par des modifications aux mesures fiscales dont il bénéficiait. Qui fait Quoi a discuté avec elle dans la foulée de son intégration au mouvement « Le Québec n’a plus d’effet(s) », qu’elle représentera désormais.

    « En cinq ans de carrière, je n’ai pu que travailler à la pige pour des studios comme Claynosaurz, Reel FX et Singing Frog. Je suis revenue dernièrement à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, où j’ai étudié, pour travailler en tant que chargée de cours, et je pouvais sentir que les étudiants étaient conscients des enjeux de l’industrie. Même les premières années ressentaient du stress et du découragement par rapport à leurs perspectives d’emplois ! J’étais dans une position assez délicate : je voulais les guider, parce que le talent ne manque pas, mais je ne voulais pas non plus leur faire de fausses promesses. Il n’y a rien de facile dans l’industrie actuellement et ça doit se savoir. »

    Ébranlée par cette expérience auprès de la relève, Chloé Labelle a décidé de militer plus activement pour le bien-être de l’industrie. Elle a donc rejoint « Le Québec n’a plus d’effet(s) », le mouvement citoyen cofondé par les professeurs de compositing Matthieu Chatellier et Guillaume Palégie, en opposition aux modifications imposées par Québec au crédit d’impôt pour services de production cinématographique. Après s’être manifesté une première fois en mai 2024 par un sit-in au Vieux-Montréal – qui a rassemblé plus de 800 employés de l’industrie –, le groupe a enchaîné les apparitions médiatiques et les démarches pour que le gouvernement provincial revienne sur sa décision.

    Cependant, les activités du « Québec n’a plus d’effet(s) » n’ont pas encore porté fruit et bon nombre de professionnels membres ont quitté la province au cours de la dernière année pour trouver un emploi ailleurs, quand ils ne se sont pas tout simplement réorientés. Une réalité que les militants ont cherché à illustrer grâce à un sondage, dont l’éventuelle publication permettra de démontrer « où sont passés 5000 des 8000 employé·e·s du Québec en VFX et en animation ». Une opération visant à exposer au grand jour l’effet humain des restrictions dont le secteur d’activité est victime depuis bientôt deux ans, dont Chloé Labelle a offert un aperçu.

    « On s’est concentré sur les employés pigistes et sur les étudiants du milieu et on a réussi à comptabiliser 514 réponses. 30 % des professionnels répondants sont aujourd’hui sans emploi, peu importe le niveau d’expérience, et à peu près 12 % d’entre eux ont quitté le Québec pour d’autres endroits plus compétitifs, comme l’Ontario, la Colombie-Britannique, le Royaume-Uni, la France et l’Australie. Un autre 12 % des employés a quitté l’industrie, tandis que 17 % des finissants n’ont pas pu y entrer. Ce que ça veut dire, c’est que notre savoir-faire se retrouve ailleurs et que notre milieu ne se renouvelle pas. Si on laisse l’hémorragie continuer, ça sera difficile de rattraper tout ça. »

    Bien que sa passion pour sa profession demeure – au point qu’elle qualifie son métier comme étant « le plus beau du monde » –, Chloé Labelle admet qu’elle considère changer de carrière pour remédier à l’insécurité dont elle est présentement victime. Puisqu’elle a déjà quitté une première fois ses proches pour suivre sa vocation, travailler ailleurs dans le monde n’est pas une solution séduisante pour l’artiste en VFX, qui préférerait pouvoir au moins rester dans la Belle Province. Néanmoins, elle garde espoir que la balance finisse par pencher en faveur des employés représentés par le « Le Québec n’a plus d’effet(s) », puisque les démarches de ce dernier ont su toucher un certain nombre d’acteurs au gouvernement ainsi qu’une bonne part de la population.

    « Il ne se passe pas une seule soirée entre amis ou en famille sans que le sujet de la crise des effets visuels et de l’animation n’arrive dans la discussion. Je crois que, même si des changements tardent à arriver du côté de Québec, on a pu obtenir le soutien du public dans cette affaire. Mais pour ceux qui ne sont pas au courant, je veux leur rappeler que c’est à Montréal qu’a été fondée Softimage, qui a alimenté les VFX de films comme "Jurassic Park" ou "Titanic", et dont le descendant direct, Autodesk Maya, est encore utilisé aujourd’hui dans l’industrie. Le Québec attirait des clients de renommée internationale pour la réalisation de leurs VFX ; on risque de perdre cet héritage et la petite place qu’il nous reste encore si on ne change pas les choses. »

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