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    Un mot de Lorraine Pintal sur son départ du TNM Lorraine Pintal. Photo: Jean-François Gratton

    Un mot de Lorraine Pintal sur son départ du TNM

    12 janvier 2024, 00h05
         |     

    Lorraine Pintal quitte la direction du Théâtre du Nouveau Monde après 30 ans. Dans un mot, elle explique les raisons de sa décision et revient sur ses années à titre de directrice générale et artistique de l’institution montréalaise fondée en 1951 par Jean Gascon, Jean-Louis Roux, Guy Hoffmann, Georges Groulx, Robert Gadouas, André Gascon et Éloi de Grandmont. Nous reproduisons ci-dessous son mot d’adieu.

    À vous, partenaires, collègues et maintenant amis et amies,

    Comment vous dire adieu ?

    Comme le chantait Françoise Hardy qui a bercé mes nuits d’adolescente déjà conquise par l’art et animée par cette quête d’absolu qui m’habite encore aujourd’hui, le temps des séparations est un moment auquel on doit faire face un jour ou l’autre.

    La vie et ses multiples rebondissements nous font signe en coulisses et nous soufflent à l’oreille que le rideau tombera pour une dernière fois.
    Toutefois, on ne quitte pas une institution théâtrale de l’envergure du Théâtre du Nouveau Monde comme dans la chanson. Cela demande de la finesse, du doigté et du respect pour des milliers de personnes qui en ont fait leur maison de théâtre et pour un nombre impressionnant d’artistes qui ont littéralement brûlé ses planches avec fougue et talent.

    La décision de mettre fin à mon mandat de direction artistique et générale a germé dans mon esprit il y a quelque temps.

    Mais comment et quand dire adieu ?

    J’ai souvent déclaré que le TNM n’était pas un paquebot flottant sur une mer tranquille, mais plutôt un voilier voguant sur des eaux agitées.

    En bonne capitaine, on n’abandonne pas un navire amiral alors qu’une pandémie planétaire oblige les théâtres à fermer leurs portes. On ne largue pas un théâtre en pleine cure d’agrandissement avec comme rêve d’offrir aux artistes émergents la nouvelle salle Réjean-Ducharme imaginée et créée pour elles et eux. On ne lâche pas prise alors que l’inflation, la pénurie de ressources humaines, la précarité des artistes et la baisse du public ébranlent les fondements mêmes de notre art.

    Bref, on se roule les manches, on continue à marcher devant, on bataille pour une meilleure rémunération des employés, des artisans et des artistes, on se bat pour qu’il y ait de plus en plus de jeunes dans les salles, on invente mille manières de renforcer le lien entre l’art et le milieu des affaires et j’en passe.

    On fait le bilan également des accomplissements, des victoires éclatantes, des défaites douloureuses, des succès inespérés, des projets inachevés, des larmes de chagrin et celles de joie, des deuils et des réjouissances.

    Je retiens surtout l’esprit de fête qui règne au TNM. Jamais je n’oublierai ce théâtre d’une magnificence inégalée au Québec ; les créateurs et créatrices d’exception que j’y ai côtoyés ; les abonnés et abonnées ainsi que les spectateurs et spectatrices avec qui j’ai grandi depuis plus de trente ans ; la grande famille du TNM qui contribue encore aujourd’hui à son épanouissement.

    Puis, vient un jour où la route que l’on a pavée pour la création, la parole des femmes, la diversité des pratiques, la circulation de l’art et des idées autant au Québec qu’à l’étranger, la sensibilisation du jeune public, la citoyenneté culturelle, l’écoresponsabilité, l’accessibilité universelle, bref, la route qu’on a tracée est fréquentée par une génération montante dont la soif de créer et d’exister est insatiable. On laisse la place à un souffle puissant de changement, de renouveau, de transformation.

    Lorsque nous avons publié le slogan de la campagne majeure de financement, Rêver grand avec un NOUVEAU Nouveau Monde, j’ai senti à quel point il allait servir d’ancrage pour l’avenir du TNM.

    Voilà ! Ça y est !

    Je sais quand et comment vous dire adieu.

    Annoncer mon départ du TNM pour la fin août 2024 n’est pas anodin. Cette année marquera la conclusion de plusieurs projets majeurs :

    • La fin des travaux d’agrandissement qui changera le visage de l’institution en plus d’ouvrir la porte à des créations inédites et de nouveaux créateurs de multiples horizons ;
    • La restructuration de la haute direction en passant d’une direction artistique et générale à deux codirections générales, soit artistique et administrative ;
    • La clôture de la campagne de financement qui positionnera le TNM à un nouveau carrefour de son histoire ;
    • La rédaction d’un plan stratégique 2024‑2028 dont la réalisation sera portée par les deux nouvelles codirections qui pourront se l’approprier dès sa mise en action.

    Sans compter des programmations préparées avec enthousiasme avec le comité artistique et les directions du TNM qui s’échelonneront jusqu’en 2026, procurant ainsi une stabilité aux artistes déjà engagés dans la renaissance du TNM. 

    J’assurerai une transition que je souhaite harmonieuse et rassembleuse jusqu’en décembre 2024, et ce, dans l’intérêt du TNM et de ses équipes.
    Mes pensées et ma reconnaissance vont vers les membres du conseil d’administration vaillants et engagés, les directions et employés pour leur talent et leur énergie créatrice, les médias, les généreux partenaires d’affaires, le public fidèle, curieux et passionné sans qui le TNM ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans oublier nos hommes et femmes politiques qui n’ont eu de cesse de nous soutenir autant dans le succès que dans l’adversité.

    Pour moi, le Théâtre du Nouveau Monde, c’est un formidable terrain de jeu où les grands enfants que nous sommes s’ébattent et se battent pour un public curieux, avide d’expériences fortes.

    C’est un ambassadeur exceptionnel du talent visionnaire des artistes, artisans et créateurs pour qui j’éprouve une admiration sans bornes.

    Je souhaite au TNM pour les cent prochaines années de préserver les coups de tête de Jean Gascon, la démesure de Jean-Louis Roux, la lumière d’André Pagé, la ténacité d’Olivier Reichenbach et poursuivre la quête de dépassement qui m’anime depuis les cinquante années que je pratique le plus beau métier du monde.

    En conclusion, je lui souhaite de demeurer vivant.

    Lorraine Pintal

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