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L’Association des documentaristes du Canada (DOC) a profité des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) pour souligner son 40e anniversaire et dresser le bilan de l’activité du documentaire au Canada. Sarah Spring, directrice générale de l’association, a présenté les résultats de la 7e édition du rapport « Toute la vérité ». Beaucoup de cinéastes documentaires n’ont pas accès au financement public, a-t-elle souligné. Pourtant, au Canada, le documentaire se trouve encore en croissance. Mais qu’y a-t-il derrière cela ? C’est ce que révèle le rapport réalisé par Nordicity et publié plus tôt cet automne.
Grave et lumineux à la fois, le troisième et percutant long métrage de Julien Elie expose la terreur et la violence des entreprises privées, souvent américaines ou canadiennes, qui déplacent les populations (ici mexicaines) en s’appropriant leurs terres pour y installer des mines, des parcs d’éoliens ou des barrages hydroélectriques. Par le biais de milices mercenaires issues des narcotrafiquants, ce que l’on nomme la « garde blanche », ces compagnies n’hésitent pas à faire assassiner ceux qui s’opposent à leurs projets d’extraction. Il s’agirait d’une certaine forme d’invasion, dans un pays dont on pille les ressources depuis plus de 500 ans.
En 2021, lorsque qu’elle a été sélectionnée dans le cadre de l’initiative Repêchage de l’Office national du film du Canada en compagnie de la productrice Laurie Pominville, Romane Garant Chartrand a rapidement proposé une seule idée, plutôt que les trois normalement soumises à l’intérieur de ce programme. C’est dans la foulée des (trop) nombreux féminicides survenus la même année que le sujet de la violence conjugale s’est imposé. L’angle qu’a choisi d’emprunter la réalisatrice est celui des maisons d’hébergement, où elle capte la parole d’un groupe de femmes dévoilant leur expérience intime. Le résultat est le court métrage documentaire « Après coups », présenté en première mondiale aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).
De retour pour une quatrième saison, « Contre-offre » conserve une autre membre cruciale de son équipe pour ces 12 nouveaux épisodes de 30 minutes. La directrice artistique Paola Ridolfi revient sur la série télévisée produite par Pixcom pour une seconde année. C’est elle qui, de concert avec l’équipe, doit habiller, décorer et ajuster les diverses résidences aperçues à l’écran, qui sont indispensables dans les aventures des employés de l’agence Lévesque. Bien sûr, admet la directrice artistique, les bureaux de l’agence sont demeurés les mêmes, soit les locaux de Blimp Télé, situés à Longueuil.
Il y a six ans, l’homme de théâtre canadien Christopher Morris a eu l’idée d’écrire une pièce sur Médecins sans frontières et, plus précisément, sur l’expérience d’un médecin ou d’une infirmière avant, pendant et après une première mission, et écrire une pièce sur les répercussions de cette dernière. Après avoir obtenu le feu vert de l’organisation, il a rencontré l’infirmière Liza Comtois et s’est inspiré de son expérience pour écrire « tremblements », une pièce mise en scène par Édith Patenaude, dans une traduction de Maxime Allen, magnifiquement portée par Debbie Lynch-White, présentée jusqu’au 2 décembre à l’ESPACE GO.
Pour sa troisième présence aux RIDM, la cinéaste américaine Kimi Takesue projetait au volet Horizon de la section Panorama son dernier documentaire, « Onlookers » (qu’on pourrait traduire par « Spectateurs »). Sans dialogue, le film expose le tourisme au Laos, en parallèle avec plusieurs scènes quotidiennes de moines bouddhistes, notamment. La cinéaste y observe les effets du tourisme sur un lieu, rappelant les enjeux postcoloniaux, tout en invitant à l’acte de regarder, à être présent, « laissant une caméra immobile guider le jugement du spectateur », peut-on lire en descriptif. Par l’observation, la documentariste souhaite provoquer la réflexion sur le phénomène complexe de l’expérience touristique.